Domaine de Janis & Spa
Nous avons aimé l'idée d'une ferme quercynoise rendue à ses murs : trente-sept hectares, trois...
La route quitte Rocamadour, grimpe, et l'on arrive au lieu-dit Lafage sur un plateau de pierre sèche où la vue ne rencontre plus rien. Le corps de logis date du XVIe siècle, la tour carrée qui lui tient compagnie est une ancienne fauconnerie du XIIIe, et l'ensemble a été repris bâtiment par bâtiment sans que la pierre y perde son grain. On dort à deux kilomètres du sanctuaire le plus visité du Lot, et pourtant on n'entend rien : c'est tout l'objet de cette adresse, et ce qui la distingue des hôtels installés dans la vallée.
D'abord pour la distance juste. Vingt minutes de marche suffisent à rejoindre le sanctuaire, trois minutes de voiture à regagner le village, et l'on échappe malgré tout au flux de la journée, celui qui rend Rocamadour difficile à aimer entre onze heures et dix-sept heures. Ensuite pour l'échelle : quatorze chambres, quatre suites, trois bâtiments, des entrées indépendantes qui donnent à chacun l'impression d'occuper sa propre maison. Enfin pour la tenue de l'ensemble, qui s'appuie sur le bâti plutôt que sur la décoration, et pour un petit-déjeuner qui va chercher les producteurs du causse.
La vallée de l'Alzou, en contrebas, est celle qui porte la cité mariale accrochée à sa falaise : c'est le paysage que l'on a devant soi depuis la terrasse et depuis le bassin. La descente vers le sanctuaire se fait à pied par le chemin, en une vingtaine de minutes, et la remontée mérite d'être réservée au soir. Le gouffre de Padirac se rejoint en une vingtaine de minutes de route, les villages de Carennac, Autoire et Loubressac dans la demi-heure. Les tables, du bistrot au restaurant étoilé, se trouvent entre cinq et quinze minutes de voiture. Il faut donc un véhicule, et accepter de dîner ailleurs.
Prix : €€€, haut de gamme de caractère
Ambiance : manoir de causse, pierre sèche, silence, romantisme sans mise en scène
Chambres : quatorze, dont quatre suites, réparties en trois bâtiments, climatisées, la plupart avec entrée indépendante
Pour qui : couples, voyageurs en quête de calme, amateurs de patrimoine médiéval
Ce que nous préférons : la tour de fauconnerie du XIIIe siècle, encore debout au bout du jardin
Table : pas de restaurant, mais un petit-déjeuner de produits du causse, fromage de Rocamadour, miel et pâtisseries locales, servi en salle ou sur la terrasse
Équipements : piscine extérieure chauffée, parc boisé avec transats et parasols, terrasse panoramique, bar, jardin, chambres familiales, animaux admis, parking gratuit sur place
À proximité : sanctuaire de Rocamadour (20 minutes à pied), gouffre de Padirac (20 minutes en voiture), Carennac et Loubressac (30 minutes)
La répartition en trois volumes est ce qui fait la différence à l'usage : on ne circule pas dans un couloir d'hôtel, on traverse un jardin pour rentrer chez soi. Les chambres marient pierre apparente, poutres et mobilier contemporain, avec des vues qui changent d'un bâtiment à l'autre, tantôt sur la vallée, tantôt sur le parc. Les suites ajoutent le volume et, pour l'une d'elles, une organisation en duplex qui convient aux séjours longs. Toutes sont climatisées et insonorisées, ce qui compte moins ici pour le bruit, inexistant, que pour la fraîcheur au cœur de l'été quercynois.
La piscine extérieure est chauffée et ouverte de mai à septembre. Elle est posée face à la vallée, bordée d'un parc boisé équipé de transats et de parasols où l'on trouve de l'ombre même en août. La terrasse panoramique sert les apéritifs à l'heure où la falaise passe à l'ocre, et c'est le moment que l'on retient du séjour. Le reste du domaine se parcourt à pied, entre murets de pierre sèche et chênes.
L'hôtel ouvre du début du mois de mai à la fin du mois de septembre, ce qui exclut les séjours d'arrière-saison et demande de réserver tôt sur les semaines centrales. Il n'y a pas de restaurant : prévoyez de descendre dîner, et demandez à la réception, qui oriente précisément selon le budget. Les animaux sont acceptés, le parking est gratuit et sur place, et l'accès se fait par une petite route de causse que l'on aborde doucement.