Ce qu'un négociant en soie a laissé derrière lui
La route qui mène au hameau de Combes, sur la commune de Sabran, ne promet rien de particulier : de la garrigue, des vignes, la vallée de la Cèze en contrebas. Puis l'allée s'ouvre sur un parc et sur une façade claire. Alexandre Eugène Collain, négociant en soie, achète le domaine en 1848 et passe les décennies suivantes à dessiner la maison et ses abords. Son fils lui succède et sera maire de la commune pendant trente-huit ans. Le château est devenu hôtel bien plus tard, puis a été entièrement restauré par un nouveau propriétaire, qui lui a rendu son parc et ses proportions.
Pourquoi nous l'avons retenu
Pour le parc, avant tout. Cinq hectares remis en état d'après les plans d'origine, avec des cèdres, des séquoias et des platanes centenaires, cela ne se fabrique pas et cela change tout à un séjour : on s'installe, on ne fait plus la navette. Pour la table, ensuite, avec deux registres assumés, un bistrot de marché et une table gastronomique étoilée au Guide MICHELIN, ce qui reste rare dans cette partie du Gard. Pour la philosophie enfin, que la maison résume par le luxe de la simplicité : peu d'effets, beaucoup de service, et vingt-neuf clés pour un domaine de cette taille.
Pourquoi cet emplacement
Sabran se trouve dans le Gard provençal, au-dessus de Bagnols-sur-Cèze, là où le Languedoc bascule vers la Provence. C'est un point d'équilibre : Uzès et sa place aux Herbes, le Pont du Gard, les gorges de la Cèze, Orange et son théâtre antique, Avignon et la Chartreuse de Villeneuve composent des journées d'une heure de route au maximum. Les vignobles de Chusclan et de Laudun sont à la porte, et la maison porte les labels Vignobles et Découvertes et Accueil Vélo, ce qui dit assez la façon dont on est censé explorer les environs.
L'essentiel en bref
Prix : €€€€, luxe
Ambiance : maison de famille du XIXe, parc centenaire, élégance sans apprêt
Chambres : vingt-neuf chambres et suites, toutes ouvertes sur le parc
Idéal pour : les séjours immobiles à deux, les familles, les amateurs de vignobles et de vélo
Ce que nous préférons : les séquoias et les cèdres centenaires du parc, restauré d'après les plans d'origine
Table : Le Cèdre de Montcaud, table gastronomique étoilée au Guide MICHELIN menée par le chef Matthieu Hervé, et Le Bistro de Montcaud pour la cuisine de marché
Équipements : parc de cinq hectares, piscine extérieure chauffée, spa, court de tennis, terrain de boules, location de vélos, parking privé, animaux acceptés
À voir autour : Uzès, Pont du Gard, gorges de la Cèze, vignobles de Chusclan et Laudun, Orange, Avignon
Vingt-neuf clés pour cinq hectares
Le rapport entre le nombre de chambres et la taille du domaine frappe dès l'arrivée. Vingt-neuf chambres et suites, dont des configurations familiales et quadruples, se répartissent dans le château et ses dépendances, toutes tournées vers le parc. La restauration a privilégié les matériaux clairs et les proportions d'origine plutôt que la démonstration décorative, ce qui laisse la lumière et les arbres faire le travail. On peut donc passer une journée entière sur place sans croiser grand monde, ce qui est exactement ce qu'on demande à un château.
Deux tables, deux registres
Le Cèdre de Montcaud est la table gastronomique, menée par le chef Matthieu Hervé et distinguée d'une étoile au Guide MICHELIN ; elle travaille la cuisine française dans un registre qui accepte l'écart. Le Bistro de Montcaud tient l'autre bout, une cuisine de marché servie plus simplement, au bord de la piscine à la belle saison. Avoir les deux sur place, dans une région où les distances se comptent en trajets de nuit, est un argument réel : on dîne deux soirs de suite sans reprendre la voiture ni manger deux fois la même chose.
Ce qu'il faut savoir avant de réserver
Le domaine est isolé et la voiture reste utile pour rayonner, même si la maison loue des vélos. Les animaux sont acceptés et le parking privé est clos. Deux chambres sont adaptées aux personnes à mobilité réduite, à confirmer auprès de la réception selon les configurations. Le château accueille aussi des séminaires et des privatisations, ce qui mérite un mot au moment de réserver un week-end. Le personnel parle français, anglais, allemand, italien et espagnol.